Tax & legal update


Financement depuis l’étranger et précompte mobilier

Article paru dans © Expertise News n° 345 du 7 décembre 2008

Une part considérable du financement de projets immobiliers s’effectue sur la base de fonds étrangers, fût-ce pour le financement initial du projet ou pour le refinancement d’emprunts existants après la reprise d’une entreprise immobilière.

Sur les intérêts qui sont payés sur les emprunts, le précompte mobilier est dû. Le taux de celui-ci s’élève en principe à 15%. Ce précompte n’est pas dû pour les intérêts payés aux banques belges mais était en revanche auparavant bien dû sur les intérêts payés aux banques étrangères.

Une modification de cette situation est intervenue après que la Commission européenne ait entamé une enquête suite à l’institution d’une exonération du précompte immobilier pour les paiements d’intérêts effectués par les entreprises belges cotées en bourse à des entités étrangères. Suite à cette enquête, la Commission a décidé d’inviter la Belgique à reconnaître cette exception non seulement pour les sociétés cotées en Bourse, mais aussi de la rendre applicable à toutes les sociétés.

Mi 2005, la Belgique a réagit par rapport à cette décision en adoptant un nouvel A.R. dans lequel elle admet l’exonération relative au précompte mobilier pour les intérêts payés par un investisseur professionnel à un établissement de crédit étranger établi dans la CEE ou dans un pays avec lequel la Belgique a conclu une convention préventive de double imposition (ci-après, CDI).

De plus, il existe dorénavant, à côté des exonérations prévues pour les établissements de crédit étranger, encore d’autres exonérations. Celles-ci sont essentiellement basées sur les CDI que la Belgique a conclu dans la directive européenne dite ‘intérêts-royalties’.

Sur base de cette directive existe à côté des CDI un important instrument complémentaire pour réaliser une exonération sur précompte mobilier sur le financement immobilier étrangers.

Si par exemple une société luxembourgeoise achète les parts d’une société belge, et que cette société se refinance à l’aide d’un ‘shareholder loan’, selon la CDI belgo-luxembourgeoise, un précompte mobilier de 15% est dû si la société mère luxembourgeoise possède un minimum de 25 % des parts. Sur base de la directive intérêts-royalties, il y a ici une exonération du précompte mobilier à condition qu’il y ait une participation de minimum 25%.

Le financement par des banques étrangères ou des sociétés du groupe ne serra plus, dans la majorité des cas, entravé par des précomptes mobiliers qui seraient dus.

Article rédigé par Koen Maerevoet et Philippe Vandevoorde, Associé et Adviser chez KPMG Conseillers Fiscaux.